La Fédération Départementale des Chasseurs de la Haute-Garonne (FDC31) structure et renforce ses actions en faveur de la biodiversité à travers un partenariat historique avec Arbres et Paysages d’Autan. Une convention qui vient formaliser plus de quinze ans de coopération sur le terrain, autour d’un objectif commun : restaurer, reconnecter et préserver les habitats naturels en milieu rural.
Au cœur de cette dynamique, la plantation de haies champêtres constitue un pilier central. Ces infrastructures écologiques jouent un rôle multifonctionnel : elles servent à la fois de refuge, de zone de reproduction et d’alimentation pour la faune, tout en assurant des fonctions essentielles de corridors écologiques et de protection des sols contre l’érosion.
Pour Romain Da Costa, technicien environnement à la FDC31, cette formalisation ne change pas la nature du travail engagé, mais en renforce la lisibilité :
« Le partenariat est déjà existant depuis de nombreuses années, plus de 15 ans. Aujourd’hui, il s’agissait de formaliser celui-ci en signant cette convention. »
Cette convention permet surtout de clarifier les rôles. La Fédération des chasseurs s’appuie sur son réseau de terrain pour identifier les porteurs de projets — agriculteurs, collectivités ou associations de chasse — tandis qu’Arbres et Paysages d’Autan apporte l’expertise technique, depuis le choix des essences jusqu’au suivi des plantations.
Le dispositif s’inscrit notamment dans le programme national Sensibilis'haie, financé par la Fédération Nationale des Chasseurs et l’Office français de la biodiversité. Il permet de soutenir des projets de plantation de haies, généralement à hauteur de 50 mètres linéaires par opération, parfois complétés par des financements locaux.
Comme le précise Romain Da Costa :
« Arbres et Paysages d’Autan intervient pour la fourniture des plants et le conseil technique. Il y a ensuite un suivi terrain, avec un passage juste après la plantation puis un contrôle à deux ans pour vérifier la reprise. »
Une action territoriale structurée autour de la Trame verte et bleue
Ces opérations s’inscrivent dans une stratégie plus large de restauration des continuités écologiques portée par la démarche de Trame verte et bleue. En Haute-Garonne, plusieurs secteurs sont concernés, notamment entre Villemur-sur-Tarn et Laréole ou encore entre Revel et Cintegabelle.
Sur ces territoires, les actions combinent plantation de haies, maintien des jachères et développement de couverts végétaux, avec un impact direct sur la biodiversité ordinaire et les espèces de plaine.
En 2025, près de 700 hectares ont été contractualisés ou aménagés dans le département, un volume qui témoigne d’une dynamique de terrain installée dans la durée.
« Pour nous, c’est environ 700 hectares contractualisés l’année passée », indique Romain Da Costa. « Et le projet repart pour 2026–2028 avec de nouvelles contractualisations. »
Haies, mares et biodiversité : une stratégie globale portée par la FDC31
Au-delà des haies, la Fédération Départementale des Chasseurs de la Haute-Garonne développe également un important volet de restauration des mares, dans le cadre de la trame dite “bleue”. Ces petites zones humides, souvent abandonnées avec la disparition des usages agricoles traditionnels, jouent pourtant un rôle écologique majeur.
Plus de 147 mares ont déjà été restaurées en quinze ans dans le département, et une cinquantaine supplémentaire est programmée d’ici 2027–2028. Les opérations reposent sur un travail d’inventaire, de diagnostic écologique et de concertation avec les propriétaires.
La Fédération rappelle également un point important de sensibilisation : les mares ne favorisent pas les moustiques, mais participent au contraire à leur régulation naturelle grâce aux amphibiens et aux chauves-souris.
Enfin, cette dynamique s’inscrit dans une coopération plus large avec le Conseil Départemental de la Haute-Garonne, autour de la protection des pollinisateurs, de la gestion forestière, des pratiques agro-environnementales et de la réduction des collisions entre faune et infrastructures.
Dans cette approche globale, la Fédération des chasseurs revendique un rôle d’acteur de terrain de la biodiversité, au croisement des enjeux agricoles et écologiques.
« Aujourd’hui, tout ce qu’on mène a des bénéfices communs pour l’ensemble de la biodiversité », résume Romain Da Costa.
Une vision intégrée qui place la gestion des milieux naturels au cœur des équilibres territoriaux en Haute-Garonne.




