Une institution locale ancrée dans la durée

Soixante ans d’existence, ce n’est pas rien pour une Maison des Jeunes et de la Culture. À Castanet, la MJC a soufflé ce vendredi 6 février ses 60 bougies comme un symbole de solidité et de continuité, dans un contexte où le monde associatif reste fragile. Tout avait été pensé pour que la fête soit conviviale. Ouverture de l'Assemblée général par un spectacle de danse. À 20h les castanéens et adhérents de la MJC était conviés à un apéro-dinatoire animé par l'école de musique de la MJC. L'occasion de trinquer à la santé de l'éducation populaire, et pour les représentants des différentes listes des prochaines élections d'assurer une présence de circonstance. La soirée s'est terminée par un concert dansant avec le groupe La French'Mad'Moiselle.

Nous nous sommes glissés entre la foule pour poser quelques questions à Michel Allignol, président de la MJC de Castanet et sa directrice Florence Plante.

Une gouvernance partagée au quotidien

À la tête de la MJC depuis plus de dix ans, après y avoir travaillé pendant 34 ans, la directrice Florence Plante insiste sur le fonctionnement collectif de la structure. « J’adore cette gouvernance, parce qu’on partage tout. J’appelle mon président plusieurs fois par jour pour qu’on avance ensemble et qu’on tienne le même cap. »

Les 60 ans ont été pensés comme une fête ouverte, bien au-delà des seuls adhérents. Anciens salariés, anciens présidents, trésoriers et habitants se retrouvent autour d’un même événement. « On est contents de voir que tout le public se mélange. C’est intergénérationnel, et ça, c’est génial. »

Des activités construites entre propositions et projet global

Avec 43 activités proposées, la MJC de Castanet fait partie des plus importantes du secteur. Certaines initiatives viennent d’intervenants extérieurs, d’autres sont créées en interne pour compléter le projet associatif. « On essaie de rester cohérents avec notre projet global », précise Michel Allignol.

Aujourd’hui, la MJC compte environ 2 158 adhérents, un chiffre conséquent. « On a déjà été à 3 000, mais là, c’est un équilibre qu’on arrive à gérer, notamment avec les infrastructures mises à disposition par la mairie. » évoque avec un peu de nostalgie le président.

L’éducation populaire, toujours au cœur du projet

Pour l’équipe, l’éducation populaire a toujours sa place. « À partir du moment où notre projet n’est pas uniquement axé sur la marchandisation, on est pleinement dans l’éducation populaire », affirme la directrice. Subventionnée, la MJC défend un modèle devenu rare à l’échelle européenne.

Au-delà des adhérents, la structure accueille de nombreux usagers. Un laboratoire artistique, Le Labo, permet par exemple à des jeunes groupes de musique ou de théâtre de répéter et de se produire gratuitement. « On peut les aider sur la lumière, les partitions, la mise en scène. Tout ça, c’est gratuit. »

Le cinéma, pilier culturel et accessible

Le cinéma occupe une place centrale à la MJC de Castanet. Projections spéciales, ciné-débats, films en version originale ou soutien à de jeunes réalisateurs : la programmation se veut exigeante et accessible. « Le tarif est de quatre euros pour les adhérents. Aujourd’hui, c’est essentiel pour permettre l’accès à la culture, même avec de petits moyens. »

Des animations accompagnent aussi les séances : ateliers manuels pour les enfants, ciné-goûters, séances dédiées aux seniors. Autant d’initiatives qui renforcent le rôle social et culturel de la MJC, fidèle à son ADN.

Et à 60 ans, la MJC de Castanet apparaît plus que jamais comme un lieu vivant, ouvert et collectif, où l’éducation populaire continue de se réinventer au service de tous.